A propos de la motivation des collaborateurs
Par L. SCHWARTZ le jeudi 12 juillet 2007, 13:23 - Expériences concrêtes - Lien permanent
Comme écrit en me présentant, mon parcours professionnel a débuté par 19 ans dans l’armée de Terre durant lesquels j’ai pu commander (et non manager, la nuance est importante) des femmes et des hommes de tous âges, conditions sociales, niveaux intellectuels.
Cinq ans après avoir quitté l’Institution et pas mal échangé sur le sujet, je reste stupéfait par le manque de motivation général, auquel je n’étais pas habitué.
Pour faire face au désengagement, les entreprises font preuve de beaucoup d’imagination : développement personnel, avantages en nature, formations diplômantes, etc…
Mais elles mènent aussi en parallèle des actions complètement opposées : centralisation des décisions, communication interne étriquée, baisse des salaires, actions vers les clients donnant à penser que jusqu’alors rien n’avait été fait pour eux, pressions de tous ordres.
Au lieu d’être motivés à nouveau, les collaborateurs se sentent surtout déconsidérés. Ne soyons pas étonnés qu’ils partent à la première occasion. Certains démissionnent même parfois avant d’avoir trouvé un nouveau travail.
Il n’y a pas que la motivation qui compte…
Lorsqu’une direction se plaint du peu de motivation de ses collaborateurs, c’est une excuse.
Ce qui est sûr, c’est que le(s) manager(s) ne sait pas trouver les moyens de les motiver. Par voie de conséquence, c’est donc lui (eux) qui est (sont) en cause et doit travailler pour changer :
- Comment est-ce que je considère mes collaborateurs ?
- Comment sont-ils impliqués ?
- Comment les problèmes et difficultés sont-ils abordés ?
Le seul objectif est de « donner envie », »donner la niaque » pour permettre que chacun puisse s’épanouir dans l’entreprise
Quelques pistes…
Et si le manager se mettait, pour un temps, à la place du managé et s’interroge: A quoi peut-il bien être sensible ?, Qu’attend-elle de moi, aujourd’hui ?
A mon sens, ce que l’autre attend tient en deux mots : exemple et respect.
Des pages et des pages sont consacrées aux idées pratiques.
Mais on ne sait si elles fonctionnent qu’après les avoir testées. J’ai chois de vous en livrer quelques unes, fruits de mon expérience personnelle :
- Grâce à une marge de manœuvre maintenue en toute circonstance (même s’il y a faute), valoriser les points forts tout en préférant la mise en situation concrète aux grands discours.
- Responsabiliser plutôt que déléguer (la délégation est souvent perçue comme « c’est toujours moi qui fait la m…. »)
- Etre transparent et communiquer. Les collaborateurs adhèrent aux décisions et sont capables de comprendre les difficultés.
- Adopter un langage respectueux et respecter la vie privée.
- Ecouter.
- S’efforcer de garder les bons (meilleurs) éléments en les récompensant (sans que cela devienne un dû) et en leur proposant des perspectives.
Je crois que la capacité de motivation est la première qualité d’un chef
Par contre, celui qui déconsidère, démotive et se sépare des meilleurs devrait être le premier remplacé…



Commentaires
Mon chef de section lors de mon passage à l'ENSOA nous a appris (inculqué) dés les premiers jours le principe de commandement (management) suivant :
"Ne demandez JAMAIS à un de vos hommes de faire quelque chose que vous n'êtes pas capable de faire vous même".
J'adopte cette règle de conduite tous les jours depuis, et comme tu le fais remarquer, beaucoup de nos managers devraient se remettre en question de temps en temps.
Ah l'ENSOA, que de vieux souvenirs du bon corps des sous-officiers.
Un bon chef c'est celui qui sait ce qu'il faut faire parce qu'il sait ce que cela demande.
Pour la motivation du personnel, les managers ont encore beaucoup à apprendre. Ils ont tendances à dévaloriser le subordonné en mettant en avant son "incapacité", hors cette méthode nuit énormément. Une solution qui serait plus porteuse serait d'encourager le subordonné à chaque fois qu'il fait un travail correct en mettant en avant ces capacités, et de chercher les causes externes à son échec. Ainsi, le subordonné ce sent écouté et compris et poursuit sont travail pour donner le meilleur de lui-même.
Malheureusement, il y a peu de managers qui l'appliquent. Pourtant c'est très efficace.